26.08.2009
Le calvaire d'un jeune manifestant iranien
Les viols systématiques des détenus politiques dans les prisons en Iran, dont le régime se définit comme islamique, ne sont plus un secret et ont même été dénoncés par des hommes politiques khomeyniens ( lire ). Le viol est un des moyens qu’ils utilisent pour briser moralement les opposants . Ce témoignage que nous rapporte The Times est l’un des plus terribles que j’ai pu lire sur ce sujet. Nous l’avons donc traduit en français pour vous.
Un jeune iranien qui avait défié le pouvoir de Téhéran raconte le calvaire de ses viols en prison.
Le jeune homme de 15 ans, assis, pleure, dans un refuge, au centre de l’Iran, brisé autant physiquement que moralement. Reza ne veut plus sortir -il est terrifié à l’idée d’être laissé seul. Il dit qu’il veut mettre fin à ses jours et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi : pour avoir osé porter le bracelet vert de l’opposition Iranienne, il fut enfermé durant 20 jours, battu, violé à plusieurs reprises, et soumis à des sévices sexuels et à des humiliations bien plus dures que celles d’Abu Ghraib, pour lesquels le régime Iranien a dénoncé les USA.
« Ma vie est finie. Je ne pense pas pouvoir jamais récupérer », dit-il, en racontant son expérience au Times et à condition que son identité ne soit pas révélée. Une doctoresse qui le soigne, à grand risque pour elle-même, confirme qu’il est suicidaire, et porte d’épouvantables blessures qui sont consistantes avec son récit.
La famille est désespérée et explore les possibilités de quitter l’Iran. Reza est la preuve vivante des accusations lancées par Medhi Karoubi, l’un des leaders de l’opposition, selon lesquelles les employés des prisons violent systématiquement les détenus hommes et femmes pour briser leur volonté. Le régime a accusé Monsieur Karoubi d’aider les ennemis de l’Iran en répandant des mensonges, et a menacé de l’arrêter.
Les mauvais traitements que le garçon a subis montrent aussi jusqu’où un régime qui se prétend le champion des valeurs Islamiques est prêt à aller pour réprimer des millions de ses citoyens qui affirment que l’élection du Président Ahmadinejad était truquée.
Le calvaire de Reza commença mi-juillet quand il fut arrêté avec 40 autres adolescents durant une manifestation de l’opposition dans une grande ville de Province. La plupart étaient trop jeunes pour avoir voté. Ils furent emmenés dans ce qu’il pense être une caserne de la milice Basiji, et là on leur a bandé les yeux, on les a déshabillés en leur laissant juste leurs sous-vêtements, et ils furent fouettés avec des câbles puis enfermés dans un conteneur maritime en acier. Durant cette première nuit, Reza fut choisi par trois hommes en vêtements civils qui s’étaient fait passer pour des prisonniers. Alors que les autres garçons regardaient, ils le jetèrent au sol. L’un lui maintint la tête contre le sol, un autre s’assit sur son dos, et le troisième urina sur lui avant de le violer.
« Ils nous disaient qu’ils faisaient cela pour Allah » en ajoutant « qui croyez-vous être pour vouloir vous plaindre ? » raconte Reza. Ces hommes dirent aux autres garçons qu’ils subiraient le même traitement s’ils ne coopéraient pas le lendemain lorsqu’on les interrogerait.
Conduit ensuite à l’extérieur, Réza fut attaché à un poteau de métal et abandonné là toute la nuit. Le lendemain matin, un des hommes est venu lui demander s’il avait appris sa leçon. « J’étais furieux. Je lui ai craché au visage et j’ai commencé à le maudire. Il m’a donné plusieurs coups de coude au visage et m’a giflé. »
Vingt minutes plus tard, cet homme est revenu avec un sac plein d’excréments pour les lancer au visage de Reza tout en le menaçant de les lui faire manger.
Plus tard Reza fut conduit dans un salle d’interrogatoire où il raconta à l’enquêteur qu’on l’avait violé . « J’ai fait une erreur. J’avais les yeux bandés et sa voix me semblait aimable, il m’a dit qu’il examinerait mon cas et j’étais plein d’espoir nous raconte Reza». Mais au contraire l’enquêteur a ordonné que Reza soit attaché et il l’a violé de nouveau en lui disant : « Cette fois je vais le faire moi-même comme ça tu apprendras à ne pas aller raconter ces histoires ailleurs. Tu mérites ce qui va t’arriver, toi et tes copains, on devrait tous vous violer jusqu’à ce que mort s’en suive. »
Par la suite on l’a soumis à d’autres abus sexuels brutaux et enfermé pendant trois jours en cellule d’isolement.
Reza fut ensuite forcé de signer une “confession” dans laquelle il avouait que des puissances étrangères lui avaient demandé, à lui et à ses amis, de mettre le feu à des banques et aux édifices des organes de presse du gouvernement. On lui a aussi dit de désigner, comme chef du groupe, un de ses amis de 16 ans qui avait été si sauvagement battu qu’il était maintenant à l’hôpital.
« Je tremblais tellement que je ne pouvais même pas entendre ce qu’ils disaient » ajoute Reza « J’ai simplement signé tout ce qu’ils ont mis devant moi sans vraiment regarder ce que c’était. J’avais peur qu’ils me violent à nouveau. »
Le lendemain Reza et les autres prisonniers ont été transférés dans un centre de détention de la police où il a été confiné pour encore une semaine. « La troisième nuit, des officiers de police entrèrent dans la cellule au milieu de la nuit, me bandèrent les yeux et me conduisirent aux toilettes où ils me violèrent à nouveau.» «Mes mains commencèrent à trembler, mes jambes me supportaient à peine et je me tenais debout qu’avec difficulté. Je suis tombé à terre et je me frappais la tête violemment contre le sol pour essayer de me tuer. J’ai commencé à hurler et à pousser de cris pour qu’ils me tuent. Je n’en pouvais tout simplement plus, je me détestais » se souvient-il en pleurant.
Le lendemain matin, il fut convoqué par un commandant de police, qui lui demanda pourquoi il avait crié pendant la nuit. Après son récit, le policier l’invita à identifier son violeur. Le garçon dit qu’il avait les yeux bandés, alors le commandant le frappa en l’accusant de mentir. Il fut ensuite forcé de signer une lettre admettant qu’il avait porté des accusations sans fondement contre les forces de sécurité.
Le calvaire de Reza était encore loin d’être terminé. Il fut emmené avec environ 130 autres détenus devant la Cour révolutionnaire de la ville, où ils furent parqués dans une cour. Le juge leur a dit qu’il ferait pendre ceux qui avaient violemment résisté à la révolution islamique et a lu les noms de dix adolescents, dont celui de Reza. Le message était clair: s’ils continuaient à dire qu’ils avaient été violés, ils seraient exécutés.
Le juge les envoya à la prison centrale de la ville, où Reza fut menotté et mis dans une petite cellule avec six autres garçons pendant les dix jours suivants. Chaque soir, les agents battaient les garçons et leur disaient en raillant: “Tu veux faire une révolution ?”
Régulièrement, le plus haut gradé venait prendre des garçons par groupe de trois à la fois. “Quand ils revenaient, ils étaient silencieux et gênés “, dit Reza. Quand vint son tour, lui et les autres furent conduits dans une petite pièce et il leur ordonna de se déshabiller et d’avoir des rapports sexuels les uns avec les autres. “Il nous dit qu’après nous serions lessivés - que nous serions tellement crevés que nous ne serons même plus capables de nous regarder les uns les autres. Cela aidera à nous calmer. “
20 jours après la famille de Reza obtint finalement sa libération sous caution pour environ £ 45,000 - avec un dernier avertissement qu’il ne devait rien dire sur ce qu’il avait subi.
Son frère a déclaré: ” Un ami à moi qui est un gardien de la prison où était détenu Reza m’a dit qu’il était malade. La nuit, il fut libéré, il pleurait de façon incontrôlable, puis il s’est effondré et a tout raconté à ma mère”.
La famille a pu convaincre un femme médecin de l’hôpital qu’ils connaissent de le traiter, en dépit du danger pour elle. Elle soigna ses blessures physiques et lui fournit des antibiotiques et des sédatifs, mais sans pouvoir effectuer d’examen interne. Reza est profondément traumatisé, il a peur d’être renvoyé en prison et il dort à peine.
Le médecin a déclaré au Times que les autres détenus ont subi un sort semblable. “Nous avons de nombreux cas à l’hôpital, mais nous ne pouvons pas les rapporter. Ils ne nous laissent pas ouvrir de dossier. Ils ne veulent pas de paperasserie, dit-elle.
Drewery Dyke, un enquêteur d’Amnesty International Iran, a déclaré que le témoignage de Reza “concorde avec d’autres rapports que nous avons reçus, en termes de gravité, de mépris pour la dignité humaine, d’abus sans retenue et sans possibilité de recours à la justice, d’implication de juristes dans les viols et de déni du droit fondamental pour les soins”.
Au moins Reza a survécu pour raconter au monde son histoire. Son ami âgé de 16 ans, que Reza a dû dénoncer comme étant le meneur, est mort à l’hôpital de ses blessures.
*Les prénoms de toutes les personnes mentionnées dans l’article ont été changés pour masquer leur identité.
Source : Times on Line
Traduction bivouac-id
Source : Lion Ardent
00:47 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.08.2009
Iran : la Franco-Iranienne Nazak Afshar sort de prison

Au cours du week-end, les diplomates ont multiplié les condamnations du procès de Nazak Afshar et de Clotilde Reiss. Crédits photo : AP
L'employée du service culturel de l'ambassade de France à Téhéran a été libérée mardi. Clotilde Reiss reste quant à elle pour l'instant en prison. Le Quai d'Orsay a rappelé qu'il était prêt à l'accueillir dans son ambassade.
Nazak Afshar est libre. Mardi, l'employée du service culturel de l'ambassade de France en Iran a pu quitter la prison où elle était retenue. Accusée d'avoir contribué aux manifestations contre le régime iranien, elle avait comparu samedi devant un tribunal de Téhéran aux côtés de Clotilde Reiss. Lors de l'audience, la Franco-Iranienne avait expliqué que l'ambassade de France lui avait demandé d'accueillir les manifestants dans ses locaux, si cela s'avérait nécessaire. Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner avait confirmé l'information, lundi dans Le Parisien, indiquant que «la consigne était d'ouvrir la porte» au nom de la «tradition démocratique» française.
Arash Naimian, le fils de Nazak Afshar, a déclaré mardi sur RTL avoir pu parler au téléphone avec sa mère. «Elle m'a dit que ça allait et m'a conseillé de ne pas faire d'interviews car elle a peur», a dit le jeune homme. «Ma tante m'a appris la nouvelle et ensuite c'est François Fillon qui m'a appelé et m'a officiellement déclaré qu'elle était libérée», a-t-il précisé, indiquant par ailleurs qu'il n'avait pas abordé avec sa mère le cas de Clotilde Reiss.
Selon un communiqué de l'Elysée, Nicolas Sarkozy a «appris avec une grande joie et un grand soulagement» cette sortie de prison, et s'est immédiatement entretenu au téléphone avec Nazak Afshar. Le président de la République a également exprimé «sa reconnaissance aux pays de l'Union européenne et aux autres pays amis, comme la Syrie, qui nous ont apporté leur soutien dans cette première phase».
«Libérer Clotilde Reiss sans délai»
Nicolas Sarkozy a par ailleurs demandé que «Clotilde Reiss soit elle aussi libérée sans délai». Plus tôt dans la journée, l'Iran avait proposé que la jeune Française bénéficie d'une procédure de libération surveillée d'ici à la fin de son procès, à condition qu'elle réside à l'ambassade de France à Téhéran. Le Quai d'Orsay a rappelé qu'il était prêt à accueillir la Française, «dès lors que celle-ci bénéficierait d'une mesure de remise en liberté, ce qui n'est toujours pas le cas à ce jour».
Mardi matin, Luc Chatel affirmait déjà sur RTL avoir «l'espoir qu'une solution rapide puisse être trouvée». Le porte-parole du gouvernement s'en remettait aux «contacts diplomatiques et aux contacts au plus haut niveau qu'a eus le président de la République». Mais «pour optimiser les chances de succès des négociations, des discussions qui sont en cours», il n'avait pas souhaité en «dire davantage».
«Nos amis Français n'ont pas eu la patience nécessaire»
Interrogé sur RFI, l'ambassadeur iranien a justement reproché aux autorités françaises d'avoir rendu publique trop rapidement, le 6 juillet, l'arrestation de la jeune femme. Selon lui, une plus grande discrétion aurait pu permettre d'éviter le procès et de trouver un accord entre les deux pays. «Malheureusement, nos amis français n'ont pas voulu avoir la patience nécessaire et ont prétendu que cette demoiselle était totalement innocente, autrement dit, ils ont pris la place des juges en Iran», a-t-il dit.
Au cours du week-end, les diplomates ont en effet multiplié les condamnations du procès de la jeune femme. Dimanche, Bernard Kouchner a par exemple exigé la libération immédiate de Clotilde Reiss, «coupable de rien du tout» selon lui. «Nous voulons, nous exigeons, nous souhaitons au plus vite sa libération», a-t-il insisté, déclarant que l'ambassade de France à Téhéran était prête à accueillir les manifestants iraniens poursuivis par la justice.
L'Union européenne est, elle aussi, intervenue dans le dossier. «Une action contre un pays, un citoyen ou du personnel d'ambassade de l'UE est considérée comme une action contre l'UE dans son ensemble et sera traitée en conséquence», a affirmé un représentant. Les Etats-Unis, par la voix de leur ambassadrice à l'ONU, ont condamné «les procès-spectacle» menés à l'encontre des participants aux manifestations contre la réélection contestée du président Ahmadinejad.
Source : Lion Ardent
06:16 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.07.2009
Iran : le combat de la Résistance à la Liberté
Le résultat des élection du 12 juin en Iran et les troubles qui lui ont succédés marquent-ils un tournant dans la situation régionale et mondiale ? A bien des égards on peut le penser. Mais encore faudra t’il que les oppositions diverses s’accordent pour trouver une issue concertée à cet embryon de changement.
L’apparition d’une opposition déterminée issue d’un suffrage démocratique, même manipulé, montre une volonté du peuple iranien de ne pas subir une fatalité tyrannique. Il y aura des morts, des martyrs de la Liberté, comme le fut Neda, 27 ans, tuée lors d’une manifestation le 19 juin dernier.

Signe de son usure et de sa dangerosité, le régime s’est resserré autour de l’ayatollah Khameini, Gardien Suprême de la Révolution de 1979 qui renversa un régime progressiste. Quand certains de ses anciens piliers avaient changé de camp, tel le vrai leader de l’opposition Rafsandjani ou l’une de ses marionnettes, le candidat Mir Hossein Moussavi, dont la sincérité reste toutefois à établir.
Il faut se garder des bellicistes : l’Iran est un grand pays. Par son Histoire et sa Culture car il demeure l’héritier des Perses, mais aussi par sa population (71 millions d’habitants), sa superficie (18ème rang mondial) riche en ressources énergétiques. Personnellement je doute fort que le régime de Téhéran appuie un jour sur le bouton de l’arme atomique. Trop de conséquences, pour eux, et pour les 100 millions d’arabes de la région. Le martyr collectif pour détruire l’ennemi sioniste ? Et les lieux saints de l’Islam avec ?
Le tapage médiatique autour du nucléaire militaire construit un habile para-feu, qui permet d’éclipser sa légitime volonté d’influence régionale ainsi que son farouche attachement au maintien de sa souveraineté, notamment énergétique.
L’Iran ne veut pas être la nouvelle Irak, et montre les dents en aboyant. Mais le proverbe ne dit-il pas que « chien qui aboit ne mord pas » ?
Pour autant ne soyons pas naïfs : l’Iran ou plutôt son régime, posent un problème.

Reza Pahlavi, futur Chef de l'Etat de l'Iran de demain ?
Je ne vois pas d’issue républicaine (islamique) possible pour garantir la paix, la prospérité et les libertés individuelles. Car c’est le régime de la République Islamique d’Iran qui est le problème intrinsèque, avec son collège des Gradiens de la Révolution qui détient tous les pouvoirs. C’est donc plus qu’un changement de gouvernement, mais de régime qu’il faut que les iraniens opèrent. Un régime qui s’inscrive dans la Mémoire de l’Iran. Un régime qui soit le symbole fort de l’apaisement, qui réconcilie les iraniens avec eux mêmes, avec la modernité et permettant ainsi à ce grand pays de continuer à s’ouvrir au monde.
La formation d’un pôle de résistance nationale et internationale derrière le Prince Reza Pahlavi, fils aîné du Shah, pourrait être la meilleure chose pour désamorcer les conflits futurs, et permettre à l’Iran de reprendre toute sa place régionale et mondiale.
Gonzague de Chantérac
sources :
04:19 Publié dans Communiqués | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note











