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09.02.2010

Soutenir les démocrates iraniens

rioufol.jpgPar Ivan Rioufol

Je suis en admiration devant les Iraniens et les Iraniennes qui, depuis cet été, défient au péril de leur vie la tyrannie islamiste qui célébrera jeudi son 31 e anniversaire. La dictature tire sur la foule, pend ses opposants, arrête des journalistes. Ce week-end, le régime de  Mahmoud Ahmadinejad a décidé d'accélérer la course à l'enrichissement de l'uranium tout en multipliant les démonstrations de force et les appels à détruire Israël. C'est pourquoi j'ai signé la pétition pour la liberté en Iran publiée le 2 février dans Libération. C'est pourquoi j'étais, dimanche place de la République, de ceux qui ont répondu à l'appel d'étudiants iraniens (de gauche) qui réclament la démocratie pour leur pays. Cette démonstration, ignorée des médias, a rassemblé plus d'un millier de personnes dont Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann, Richard Prasquier (président du Crif), Michel Taubmann (auteur avec Ramin Parham de l'utile Histoire secrète de la révolution iranienne (Denoël)). Les démocraties sauront-elles soutenir ce mouvement d'émancipation et de rejet de la théocratie?

Les Verts et le PCF étaient représentés hier. Seraient-ils donc prêts à ouvrir les yeux sur l'islamo-fascisme et ses obsessions anti-juives? La veille, au même endroit, était partie une autre manifestation, de soutien aux palestiniens de Gaza cette fois, à laquelle les Verts, le PCF et le NPA étaient venus en nombre, en ouverture de cortège. A leur suite, j'y ai vu de nombreuses jeunes femmes voilées, puis d'autres islamistes (plus d'un millier) scandant notamment: "Israël casse-toi, la Palestine n'est pas à toi", ou accusant le Crif (conseil représentatif des institutions juives de France) de "pleurnicher" et  d'appeler "au meurtre des musulmans". Le mot "juif" à peine prononcé par certains orateurs suscitait les sifflements de la foule. D'où ma question: les Verts et le PCF sont-ils sincères quand ils disent défendre, le dimanche, ceux qui rejettent les islamistes iraniens, alors qu'ils soutiennent, le samedi, les islamistes de France?...

Je participerai, ce lundi, à l'émission "On refait le monde" sur RTL (19h15-20h)

Source : Ivan Rioufol via Le Lion Ardent

08.02.2010

Iran : Paris et Washington veulent de nouvelles sanctions

otanpower.jpgAvec l'Iran, le moment est venu de passer à la vitesse supérieure, c'est-à-dire d'imposer de nouvelles sanctions, plus dures, contre le régime. C'est en substance la teneur de la discussion qui a eu lieu lundi entre le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, en visite à Paris, et son homologue français, Hervé Morin.

«La communauté internationale et Obama ont pendant des mois essayé de créer les conditions d'un dialogue avec l'Iran. De toute évidence, rien n'y fait. Il sera malheureusement nécessaire d'engager un dialogue qui mènera à de nouvelles sanctions si l'Iran ne cesse pas son programme nucléaire, dont nous avons la certitude qu'il est militaire», a affirmé le ministre français de la Défense. Face à la nouvelle provocation de Téhéran, qui a dit son intention de commencer à enrichir de l'uranium à 20 % dès mardi malgré les pressions internationales, Paris et Washington ont affiché lundi «une convergence de vues totale». «Beaucoup d'opportunités ont été offertes à l'Iran», mais «toutes les initiatives ont été rejetées, a constaté Robert Gates. Nous devons faire face à la réalité. Si l'Iran continue, la prolifération se développera au Moyen-Orient et cela constituera un grand danger…»

 

Veto de la Chine

 

C'est la raison pour laquelle il espère un «front commun» de la communauté internationale pour faire «pression» sur l'Iran. Les États-Unis veulent profiter du fait que la France, qui a une position très ferme sur la question du nucléaire iranien, assure en février la présidence du Conseil de sécurité pour présenter une résolution aux Nations unies.

freedomnow2.jpgMais les jeux sont loin d'être faits. D'abord parce que l'efficacité des sanctions n'est pas toujours démontrée, surtout au sein de l'ONU, où les projets sont souvent revus à la baisse pour satisfaire à la nécessité du consensus. Ensuite parce que la France n'est pas certaine d'avoir assez de voix pour faire adopter une nouvelle résolution. La Russie aurait levé ses réticences… Mais la Chine, qui possède un droit de veto au Conseil de sécurité, n'est toujours pas d'accord. Les États-Unis sont d'autant plus pessimistes que leurs relations avec Pékin se sont nettement refroidies depuis qu'ils ont scellé un contrat d'armements avec Taïwan la semaine dernière. Certains pays émergents, notamment le Brésil, seraient également réticents. En cas d'échec des sanctions à l'ONU, la nouvelle étape pourrait être d'envisager un embargo européen ou des sanctions prises par un petit groupe de pays partageant la même vision de la crise iranienne.

Ce qui est sûr, c'est que le temps de la diplomatie n'est pas encore épuisé, pour Robert Gates. «Il est dans l'intérêt de tout le monde, affirme-t-il, de voir ce problème résolu sans avoir recours à un conflit. Nous devons convaincre les leaders iraniens qu'à terme il n'est pas dans leur intérêt de développer l'arme nucléaire.» Cette affaire-ci non plus n'est pas gagnée…

Source : Le Figaro via Le Lion Ardent

29.12.2009

L'Iran s'enferme dans la répression

Les manifestations contre le régime iranien se multiplient dans les pays occidentaux, comme ici lundi devant l'ambassade iranienne à Londres.
Les manifestations contre le régime iranien se multiplient dans les pays occidentaux, comme ici lundi devant l'ambassade iranienne à Londres.

Tandis que la communauté internationale multiplie les déclarations de solidarité avec les manifestants de dimanche, le régime iranien poursuit arrestations et provocations.

Un concert de protestations internationales. Plusieurs responsables occidentaux se sont émus mardi après la répression des manifestations de dimanche en Iran, la plus sanglante depuis celle de juin. Dans un communiqué, l'Elysée «condamne la répression sanglante des manifestations en Iran». «Comme à chaque fois qu'un peuple réclame la liberté et la justice, la France est à ses côtés», ajoute Nicolas Sarkozy dans le texte, qui demande «la libération de tous les opposants emprisonnés et le respect des droits de l'homme».

La veille, le président américain Barack Obama a également condamné la «violente et injuste» répression des manifestations et appelé à la libération des personnes injustement emprisonnées. Le secrétaire britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a quant à lui salué le «grand courage» des manifestants et appelé le gouvernement iranien «à respecter les droits de l'homme de ses propres citoyens».

«Un scénario américano-sioniste», pour Ahmadinejad

Fidèle à ses habituels réflexes en pareil cas, le régime iranien a rejeté les «ingérences» occidentales dans ses affaires intérieures. Le président Mahmoud Ahmadinejad a également repris l'antienne du complot international, dénonçant à propos de ces manifestations «un scénario commandé par les sionistes et les Américains». «C'est un spectacle qui fait vomir, a-t-il ajouté, mais aussi bien ceux qui l'ont planifié que ceux qui ont participé à ce spectacle se trompent». Plus tôt dans la journée, l'ambassadeur britannique a été convoqué et le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a menacé la Grande-Bretagne de recevoir «une gifle s'ils ne cessent pas leurs commentaires absurdes».

Pendant ce temps, les arrestations se sont poursuivies en Iran. Le site Rahesabz, principal forum de l'opposition réformatrice, a annoncé sept nouvelles interpellations de journalistes, dont celles de deux dirigeants de l'Association des journalistes iraniens, Mashallah Shamsolvaezine et Badrolsadat Mofidi. Selon le site, la police a aussi arrêté la militante des droits des femmes Mansoureh Shojaie, ainsi que Chapour Kazemi, beau-frère de l'opposant et ancien candidat à la présidentielle Mir Hossein Moussavi.

La sœur de Shirin Ebadi arrêtée

Les entourages des figures de l'opposition sont particulièrement visés depuis lundi par les arrestations et intimidations de tous ordres. Ces leaders sont des «ennemis de Dieu» qui méritent la mort en vertu de la loi islamique, a affirmé l'ayatollah Abbas Vaez Tabasi, summum de la surenchère de menaces plus ou moins voilées proférées à leur encontre. Lundi soir, l'ancien candidat réformateur à la présidentielle Mehdi Karoubi a été attaqué à Téhéran par des inconnus en civil qui ont brisé les vitres de sa voiture, un scénario identique à celui vécu la semaine dernière par Mir Hossein Moussavi.

La prix Nobel de la Paix iranienne Shirin Ebadi a par ailleurs annoncé que sa sœur a été arrêtée. Elle «n'avait aucune activité politique, a protesté la prix Nobel en exil, et son arrestation est une tentative de pression pour que j'arrête mes activités pour la défense des droits de l'homme». Une «pression inacceptable sur cette militante courageuse de la société civile», a dénoncé Bernard Kouchner.

Pour mercredi, les autorités iraniennes appellent à de nouvelles manifestations dans plusieurs villes du pays, «contre ceux qui n'ont pas respecté les valeurs de l'Achoura», allusion à l'opposition qui a profité dimanche de cette journée de deuil religieux chiite pour organiser ses manifestations. La «participation massive» de la population à ces rassemblements va «humilier» ceux qui ont critiqué la répression, promet le président Mahmoud Ahmadinejad.

Source : Le Figaro via Le Lion Ardent